Magali FONTAINE
Kinésiologie à La Farlède

Magali FONTAINE, Kinésiologue - Energéticienne à La Farlède, Brignoles et à distance.

La rentrée des grands : un passage à accompagner


L’année dernière, j’avais rédigé un article à l’occasion de la rentrée, pour les plus petits "La Rentrée et les Séparations : un passage émotionnel pour maman et enfant". A la crèche, chez la nounou, ou à l'école maternelle, les premières séparations ne sont pas toujours faciles à gérer pour l’enfant, ni même pour les parents.

Mais les rentrées suivantes, notamment celles qui marquent le passage de la primaire au collège, du collège au lycée, peuvent aussi être marquantes en termes de nouveauté, d’excitation et parfois de stress.

Ces moments sont de véritables rites de passage, qui viennent bouleverser non seulement l’enfant ou l’adolescent, mais aussi ses parents. Car derrière les cartables plus lourds, les salles inconnues et les nouveaux professeurs, il y a tout un monde intérieur qui s’agite : peur de l’inconnu, sentiment de perte de repères, besoin d’affirmation, mais aussi souvenirs enfouis de nos propres transitions d’enfance ou d’adolescence.

Dans cet article, nous allons explorer :

  • Ce qui se joue pour l’enfant/ado lors de ces grandes rentrées,
  • Ce que cela peut réveiller chez vous, parents,
  • Et des pistes pour accompagner ce passage avec conscience et bienveillance.

Pourquoi ces rentrées sont-elles si particulières ?

Il y a une grande différence entre “changer de classe” et “changer de cycle”. Lorsque l’on change de classe, on retrouve quand même des repères connus : l’école, la cantine, la plupart des copains / copines… Lorsque l’on change de cycle, souvent on change aussi de locaux et on découvre de nouvelles pratiques.

Passer du primaire au collège

C’est entrer dans un nouvel univers, quitter l’enfance pour s’approcher de l’adolescence. L’enfant perd le cadre rassurant d’un seul enseignant et d’un petit groupe stable, pour découvrir un monde plus vaste, avec plusieurs professeurs, un emploi du temps à gérer, un cartable à préparer chaque soir, des déplacements entre les salles… Bref, une autonomie nouvelle à construire. C’est aussi souvent une période de changements physiques et hormonaux, où l’ado cherche sa place dans un groupe, dans le monde, et parfois face à ses parents.

Passer du collège au lycée

C’est franchir un nouveau cap vers le monde adulte. Les attentes scolaires grandissent, les choix d’orientation se profilent, la pression sociale et identitaire est plus forte.

Ces passages ne sont pas seulement scolaires : ce sont des étapes de vie symboliques, comparables à des initiations.

Les émotions de l’enfant/ado

Perte de repères

Changer d’école, de bâtiment, d’organisation, c’est comme un mini “déménagement intérieur”. Les repères sécurisants disparaissent, et l’enfant doit reconstruire une stabilité. Certains s’y adaptent rapidement, d’autres vivent une grande insécurité intérieure.

Peur du jugement et besoin d’appartenance

Au collège ou au lycée, l’importance du groupe prend une place énorme. L’ado cherche à s’intégrer, à “faire partie du clan”. Cela peut générer beaucoup d’angoisse : vais-je avoir des amis ? Vais-je être accepté ? Que vais-je devoir faire pour m’intégrer ?

Affirmation de soi

Ces rentrées sont aussi le moment où l’enfant/ado commence à vouloir s’affirmer  : prendre des décisions, négocier ses libertés, se démarquer de ses parents.. tout en ayant encore besoin de ses parents ! Cela peut être déstabilisant pour lui-même… et pour les parents !

Ce que cela réveille chez les parents

Chaque étape franchie par l’enfant est aussi un miroir pour ses parents.

Un pincement au cœur

« Mon bébé devient graaaand !!! bouhouhou !!!! » Voir son enfant grandir, ce n’est pas toujours facile. Nous pouvons vite être nostalgiques de ce temps qui passe trop vite, de ce petit qui crapahutait à 4 pattes il n’y a pas si longtemps que ça… Et c’est accepter qu’il s’éloigne peu à peu. Ces rentrées marquent souvent le passage de l’enfance à l’adolescence, puis vers la vie d’adulte.

Des souvenirs réactivés

Beaucoup de parents revivent, consciemment ou non, leur propre expérience de leur entrée au collège ou au lycée. Si ces périodes ont été difficiles (moqueries, solitude, perte de repère, mal être, échec scolaire…), la rentrée de leur enfant peut réveiller des blessures non cicatrisées.

Une nouvelle organisation familiale

Devoir gérer des trajets plus longs, peut-être un bus à prendre le matin et le soir, des devoirs plus exigeants, un emploi du temps différent… Cela peut générer du stress, de la fatigue, voire une impression qu’on nous en rajoute encore une couche dans notre quotidien d’adulte déjà bien chargé.

Comment accompagner ces rentrées avec douceur ?

Nommer et reconnaître les émotions

Les siennes et les vôtres ! Il ne sert à rien de chercher à nier ou fuir nos émotions, elles nous rattrapent toujours un jour ou l’autre.

Donnez de la place à ce qui se vit intérieurement :
“C’est normal d’avoir un peu peur, c’est un grand changement.”
“Moi aussi, je ressens des émotions en te voyant grandir.”

Cela permet à l’enfant/ado de comprendre que ses ressentis sont légitimes, qu’il n’est pas « anormal ».

Préparer le terrain et rassurer (sans rien masquer)

  • Visiter les lieux si possible, avant la rentrée : heureusement, de nombreux établissements primaires et collèges ont compris l’intérêt des ces visites pour aider les enfants à se projeter, à se familiariser avec les lieux.
  • Lui expliquer que les professeurs savent que l’entrée en 6e / en seconde est une transition importante et qu’ils sont habitués à accompagner les élèves tout en expliquant qu’il est possible qu’il ait plus d’atomes crochus avec certains professeurs qu’avec d’autres : c’est le jeu des relations, comme avec les copains.
  • Aider à organiser le matériel, l’emploi du temps, le sac, au moins au début pour que de nouveaux repères / habitudes se créent.
  • Parler de ce qui change, mais aussi de ce qui reste identique (les amis, la maison, les routines familiales).

Créer un rituel symbolique de passage

Cela peut être un geste simple mais fort :

  • Offrir un objet symbolique (un bijou, un carnet, une pierre) qui marque ce passage.
  • Créer un “moment de passage” en famille (un repas spécial, une lettre écrite à l’enfant/ado...).
  • Valoriser ses forces et lui rappeler sa capacité à s’adapter. Vous pouvez prendre un temps avec lui pour l’aider à faire sa propre petite introspection : « Quelles sont tes forces ? » « Quels sont tes points de vigilance / tes craintes ? » et trouver comment ses forces vont venir l’aider à travailler ses points de vigilance.

Par exemple : Si dans les points de vigilance, il vous dit « j’ai peur de ne pas réussir à me faire des amis », revenez aux forces, vous avez certainement noté « sociable », « X amis », « souriant », « doux », etc.

Travailler sur ses propres mémoires en tant que parent

Si la rentrée de votre enfant réactive votre vécu de l’adolescence, c’est une belle opportunité de guérison. Prenez le temps d’écrire, de vous souvenir, d’accueillir vos blessures d’alors… pour ne pas les projeter sur votre enfant.

Exercice de visualisation

Les mémoires traumatiques peuvent être travaillées en visualisation qui est un outil très puissant et je vous invite à l’expérimenter.

On peut avoir tendance à se dire « j’ai une baguette magique et je vais imaginer ce que j’ai vécu différemment, en mieux ». Et c’est vrai que cela peut être efficace d’une certaine façon, car le cerveau ne fait pas de différence entre l’imaginaire et la réalité, donc tout ce que vous imaginez de positif est vécu par le cerveau comme vrai et inversement. Imaginer du positif peut donc apporter un apaisement.

Mais je préfère procéder autrement. Car transformer un événement passé, c’est en quelque sorte le nier, le rejeter et le risque est qu’il revienne plus fort.

Au contraire, allez contacter votre souffrance, l’enfant / l’ado que vous étiez et qui ne se sentait pas bien, ressentez ses souffrances, reconnaissez-les, nommer les. Puis apportez-vous beaucoup d’amour, de compassion, de douceur. Faites-vous un câlin. Et voyez ce que vous a apporté ce vécu en positif dans votre vie, car derrière une souffrance se cache toujours un cadeau. Ressentez ce cadeau, remerciez l’expérience pour ce qu’elle vous a apporté et infusez le positif en vous.

C’est aussi une façon d’accepter que l’on ne peut pas protéger son enfant de tout, qu’il aura des expériences heureuses et moins heureuses à vivre et que cela fera partie de son chemin pour évoluer et grandir.

Demandez l’aide d’un thérapeute

Si ce n’est pas suffisant, ou tout simplement parce que travailler sur soi, seule, n’est pas toujours facile, demandez l’aide d’un thérapeute. Les thérapies psychocorporelles, comme la kinésiologie, sont des outils redoutables pour comprendre votre vécu et libérez en vous toutes ces influences négatives.

Focus sur le harcèlement

Je ne pouvais pas conclure cet article sans parler de harcèlement. Le harcèlement est peut-être une des plus grandes peurs qu’un parent puisse avoir pour son enfant. On en parle de plus en plus dans les médias, souvent associé à des histoires dramatiques.

Je crois que le harcèlement a toujours existé, mais nous l’appelions différemment : « moqueries », « mis à l’écart », « pas d’amis »… mais il est accentué aujourd’hui notamment par les réseaux sociaux.

Le schéma bourreau-victime

Le harcèlement, qu’il survienne à l’école ou ailleurs, réveille bien souvent une dynamique très ancienne : celle du duo bourreau-victime. Quand un enfant subit, il peut avoir tendance à rester dans cette position de victime, à se sentir impuissant, sans voix. Or, pour guérir, il est essentiel qu’il retrouve son pouvoir. C’est sa responsabilité — non pas parce qu’il est « coupable » de ce qui se passe, mais parce que lui seul peut choisir de ne pas rester coincé dans ce rôle.

Il faut aussi comprendre que la frontière entre victime et bourreau est mince. Beaucoup de harceleurs ont eux-mêmes été victimes auparavant : dans leur famille, dans d’autres contextes scolaires… Ce besoin d’écraser l’autre n’est en réalité qu’une tentative désespérée de se donner de la valeur. Au fond, c’est triste : un bourreau est quelqu’un qui souffre. Le voir ainsi peut aider l’enfant à comprendre que le problème ne vient pas de lui, mais bien de la blessure non réglée de l’autre.

Que faire en tant que parent ?

Si vous constatez que votre enfant est victime de harcèlement, bien sûr, intervenez auprès de l’établissement. Mais surtout, travaillez avec votre enfant.

Des phrases simples, mais puissantes, comme :

  • « Tu n’es pas ce qu’on dit de toi. Ce que tu vis ne définit pas qui tu es. »
  • « Tu es le seul capable et autorisé à définir ta valeur »
  • « Tu as de la valeur, quoi qu’il arrive, et personne ne peut t’enlever ça. »
  • « Tu n’es pas obligé(e) de te laisser faire. Tu as le droit de dire non, de demander de l’aide, de poser des limites. »
  • « Ce que l’autre fait ou dit parle de lui, pas de toi. »

Ces mots, répétés et incarnés, aident l’enfant à sortir du rôle de victime et à se repositionner. Non pas en devenant bourreau à son tour, mais en redevenant acteur de sa vie, solide à l’intérieur, même si l’extérieur vacille.

La kinésiologie pour aider

Parfois les mots ne suffisent pas pour amener le changement. Il faut alors travailler à un autre niveau : émotionnel, corporel, énergétique pour aider l’enfant à avoir une autre vision de lui, de sa valeur, de ses capacités et pour amener un vrai changement. Et la kinésiologie est l’outil parfait.

Voir ces rentrées comme des tremplins

La rentrée au collège ou au lycée n’est pas qu’une question d’emploi du temps ou de fournitures scolaires. C’est un passage, qui réveille à la fois les émotions de l’enfant/ado et celles de ses parents.

En prenant le temps d’accueillir ce qui se joue, de mettre en place des rituels, et de se relier à l’aspect symbolique de ces transitions, il est possible de transformer la rentrée en une véritable expérience de croissance, individuelle et familiale.

Ces transitions, même remplies d’émotions, sont de véritables tremplins pour grandir :

  • L’enfant/ado développe sa confiance en lui, apprend à s’adapter, à s’ouvrir au monde.
  • Le parent apprend le lâcher-prise, la confiance, et chemine dans sa propre histoire.

Chaque rentrée marquante est donc une invitation : celle de traverser les peurs et de transformer l’inconnu en une opportunité de croissance. Car accompagner son enfant à grandir, c’est aussi accepter de grandir avec lui.


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